acier de damas
Le Damassage est l'action qui consiste à enchâsser un fil de métal sur une surface de fer ou d'acier. En ce qui concerne les lames des épées, l'incrustation d'une lame de métal dans une autre, par pose, à chaud, d'une pièce de taille légèrement inférieure. Le résultat donne une arme plus souple et plus solide.
Durant une longue période, les armes les plus tranchantes et les plus recherchées vinrent de Damas, forgées dans un métal résistant et léger dont la surface montre des dessins comme les veines du bois. Les forgerons de la ville utilisaient un mélange de fer et carbone avec un indice léger de silicium et de soufre qu'ils martelaient et chauffaient jusqu'à obtenir des armes redoutables. Le processus de fabrication produit le « dessin damasquiné » ou damasquinage, si spécial et tant apprécié.
En janvier 2000, la revue Discovery informe que le secret de la technologie du damasquinage émerge des ruines antiques de la ville de Gyaur Kala dans le Turkménistan oriental. Les fouilles ont révélé des restes d'une antique fabrique, incluant un four à haute température ventilé par-dessous. Les innombrables scories éparpillées sur le sable environnant semblent être les restes de creusets dans lesquels se fondait l'acier à des températures de 2'500 degrés Celsius, c'est-à-dire une température bien plus élevée que n'importe quel autre fabriquant de métal pouvait obtenir à cette époque. A l'analyse, l'acier a révélé un mélange d'alliage de fer basse et haute teneur en carbone que les anciens maîtres forgerons ont combiné pour créer un acier extrêmement résistant.
Le Times de Londres publia un article sur un professeur de sciences et ingénierie des métaux qui s'est dédié à reproduire des épées semblables à celles forgées à Damas. John Verhoeven, de l'Iowa State University, à partir de fragments d'épées provenant de musées et produites dans la dite ville, a découvert que l'effet granulé tant apprécié était créé par des grappes de carbure de fer qui se voyaient en blanc sur l'acier sombre. Sur les allégations de celui-ci, Alfred Pendray, forgeron en Floride, a découvert que les dites grappes étaient produites par des cycles répétés d'échauffement et de refroidissement du métal. Quand le métal très chaud se refroidit, les impuretés se séparent et les particules de carbure de fer se rassemblent et se développent autour de ses impuretés. Il faut six cycles pour obtenir l'effet damasquiné.
Au cours du Moyen-Âge, de plus en plus de lames seront produites à Damas. Le XVème siècle voit la production cesser virtuellement. De l'opinion de Verhoeven, cet événement s'est produit à cause des échanges commerciaux « mondiaux ». En effet, l'intense commerce du fer a transformé le contenu des lingots de fer jusqu'à ce qu'ils n'offrent plus la juste combinaison des impuretés. L'acier de Damas était victime du marché international des matières premières. Durant quelques années, la réputation de la ville a toutefois continué à être supérieure aux autres centres de production.
La plus grande partie du commerce de cette ville allait vers l'Occident mais l'Arabie et l'Inde eurent leur part de marché.
Tout ne sera pourtant pas perdu puisque des forgerons syriens quitteront le califat de Damas pour établir leurs ateliers dans l'Espagne sous domination arabe et principalement à Tolède…
bibliographie
Medieval Metal Master, in Discovery, janvier 2000.
TREFIL James, Super steel of the ancients, in Science Digest, février 1983.
AHUJA Anjana, Blade of Damascos, in Times, 14 décembre 2000.
