la katzbalger
Ce type d'épée original, utilisée dès la première moitié du XVIème, est une autre arme caractéristique des mercenaires appelés Landsknecht ou lansquenets, célèbres par leur accoutrement particulier : chapeau à larges bords orné de plumes d'autruche et courte veste très décorées avec manches plissées à crevés laissant apparaître des doublures aux vives couleurs. Leurs jambes de culotte très amples sont également ornées. Les lansquenets, comme les Suisses, sont armés de longues piques, de hallebardes, d'épées et d'armes à feu. On pense que le nom de cette arme provient du fait qu'elle n'est pas portée dans un fourreau au sens habituel du terme, mais dans une espèce de sac en peau de chat (en allemand katz). Une autre étymologie veut que le nom dérive du mot allemand katzbalgen qui signifie lutter avec brutalité, à l'évidence le passe-temps favori des lansquenets.
Cette épée possède une lame droite et large à double tranchant avec une extrémité aplatie. La robuste poignée s'élargit en un pommeau en forme de champignon. La garde cruciforme caractéristique consiste en deux branches de fer formant un S horizontal. Traditionnellement, la katsbalger est portée horizontalement sur le ventre, à la ceinture, toujours prêtes à l'usage.
Comme l'épée et la dague du lansquenet, la katzbalger est une arme strictement militaire. Mais comme pour les deux autres types d'arme du lansquenet mentionnés ici, la katzbalger devient une arme à la mode au début du XVIème siècle, ce qui conduit les fabricants d'épées, en collaboration avec les orfèvres, à les produire en version de luxe pour la noblesse et les représentants de l'autorité.
D'un point de vue militaire, il faut pouvoir visualiser et de comprendre une bataille rangée: une fois le choc frontal subi, la pique devient inutile; l'organisation des fantassins en ordre profond interdit que les premiers rangs se débandent, c'est alors à qui pourra utiliser le plus rapidement son arme de secours. Les chefs de guerre sont au fait de cette réalité et c'est pourquoi ils préconisent des épées et des dagues aux gardes aussi simples que possible sur le modèle de celle qu'ils portent eux-mêmes. Ainsi, lorsque les piques des premiers rangs sont prises dans la mêlée, le fantassin n'a d'autre choix que de dégainer sa lame avec célérité. Or, si cette dernière est soit trop longue soit trop peu résistante, elle ne peut être d'aucun secours. à la guerre, face à des armures ou des casques, les fers doivent être courts et robustes. Cette règle explique sans doute la prédilection des soudards professionnels pour les épées "lansquenettes" ou katzbalger propres au corps à corps.
bibliographie
BRIOIST Pascal, DREVILLON Hervé, SERNA Pierre, Croiser le fer, Champ Vallon, 2002
DOLINEK Vladimir, DURDIK Jan, Encyclopédie des Armes, éd. française Gründ, Paris, 1993.
