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"...à l'épée, on défend sa vie; au pistolet, on la livre."
DUMAS
[Mes Mémoires, Robert Laffont, tome II, p. 1029]

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(date : 07/09/2010)

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ill titleLes Lansquenets

Landsknecht (litt. « serviteur du pays ») ; mercenaire allemand servant dans l’infanterie (XVe et XVIe siècles).

Par le terme lansquenet, on indique le mercenaire combattant à pied de la fin du XVe et XVIe siècles, en général d’origine allemande, dont l’arme principale était la pique d’après le modèle suisse. Bien que des lansquenets aient été enrôlés dans le Saint Empire romain germanique à l’origine en tant que mercenaire impérial habsbourgeois, ils luttèrent également pour les princes européens les plus différents. Ils étaient considérés en raison de leur manière de lutter agressive et disciplinée comme particulièrement puissants, mais en même temps ils étaient connus comme des pilleurs qui dévastaient toutes les régions lorsque le paiement des soldes faisait défaut. La troupe de lansquenet a été fondée par l’empereur Maximilien Ier qui est aussi connu comme « le père des lansquenets ». 

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I. Étymologie

Le nom de lansquenet apparaît dès les années 1480 et fait référence aux piquiers suisses des montagnes et non pas de la plaine. Déjà autour de 1500 s’imposait la marque trompeuse Lanzknecht lequel faisait allusion aux longues piques des mercenaires. Le terme Knecht qui signifie « valet » ou « serviteur » fait probablement référence à l’obligation du mercenaire d’être au service de l’empire et de l’empereur. Dans le langage d’aujourd’hui, le mot lansquenet est utilisé occasionnellement comme synonyme désignant le mercenaire.

II. Histoire

2.1. L’origine des lansquenets

Au cours de la fin du Moyen Age lors de plusieurs batailles, il était évident, qu’une lourde cavalerie, comme l’étaient typiquement les armées de chevaliers au Moyen Age, ne pouvait que peu suffire face à une infanterie composée de soldats disciplinés et équipés de longues piques. Plus que d’autres, les confédérés helvétiques le démontrèrent de façon sanglante lors de la bataille de Morgarten en 1315 et lors de la bataille de Sempach en 1386 en détruisant l’armée des Habsbourg. Dans les guerres de Bourgogne (1474-1477) les hallebardiers et les piquiers suisses obtinrent, en combattant dans des conflits impliquant plusieurs milliers d’hommes, diverses victoires face à Charles le téméraire Duc de Bourgogne, qui trouva la mort lors de la bataille de Nancy. Ces succès militaires, donnèrent lieu à l’enrôlement des soldats suisses, reconnus comme de grands fantassins, comme troupes mercenaires par de riches souverains européens. 
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2.2. L’apogée des Lansquenets

Les territoires bourguignons revinrent par succession au habsbourgeois Maximilien, fils de l’empereur Frédéric III. Dans la bataille de Guinegatte (1479) contre le roi Louis XI, Maximilien obtint une grande partie de ses nouveaux territoires à savoir les Pays-Bas, le Luxembourg et la Franche-Comté bourguignonne. Afin de prévenir d’éventuelles attaques des Français, mais également d’exercer une pression sur les territoires de la Bavière et de la Bohême, Maximilien planifia la mise en place d’une puissante armée d’infanterie. Durant l’année 1487 furent mise en place les premières unités de cette infanterie au service de Maximilien sacré roi d’Allemagne. C’est lui qui divisa l’infanterie en régiments à la manière des légions romaines en rassemblant ainsi les soldats portant les piques donnant ainsi un rôle héroïque et incontournable aux Lansquenets allemands dans les guerres d’Europe de l’époque. Ils furent formés à Bruges par le comte Eitelfritz de Hohenzollern et furent victorieux dans les campagnes militaires des Flandres et de Bohême. Dès 1490, afin de renforcer la fidélité de ses troupes, Maximilien les obligea à prêter serment sur sa personne.

A la fin du XVe siècle, les tensions entre la ligue Souabe (sud-ouest de la Bavière) et la Confédération helvétique s’accentuèrent pour dégénérer en conflit armé. Dans cette guerre, les troupes de Maximilien combattirent aux côtés de la ligue Souabe, qui en 1488 faisait office de contrepoids aux tentatives d’expansion des seigneurs bavarois. Mais l’armée coalisée impériale subi une lourde défaite contre les Suisses, qui obtinrent ainsi leur réelle indépendance du Saint Empire Romain Germanique lors du traité de paix de Bâle en 1499. Durant la guerre avait notamment pris part au côté de l’armée impériale Georges de Frundsberg, qui durant la même année, sous les ordres de l’empereur, combattit contre les Français qui avaient attaqué le Duché de Milan. Frundsberg aida Maximilien à la mise en place et à la formation des troupes de lansquenets, dont il utilisa l’expérience des mercenaires helvétiques à l’occasion de la guerre souabe, tout en développant cependant leur tactique. Frundsberg s’est révélé être un remarquable chef des Lansquenets, dont les troupes, durant les guerres d’Italie, obtinrent plusieurs victoires importantes contre les Français mais aussi contre les Suisses. Sa mort en 1528 marque un tournant dans l’histoire des lansquenets.

Au début du XVIe siècle, on faisait appel aux lansquenets allemands autant qu’aux fantassins suisses. Il n’y avait pas que l’empereur et les princes allemands qui enrôlaient des Lansquenets, mais également des souverains étrangers, en particuliers les rois français. Entre lansquenets allemands et fantassins suisses se mit en place une hostilité latente, qui s’exprima dans plusieurs batailles durant les guerres d’Italie.

2.3. Le déclin des lansquenets

Les lansquenets prirent part à diverses guerres durant le XVIe siècle. Ils combattirent dans les guerres d’Italie, dans des guerres de successions, des guerres paysannes et dans de petites guerres locales. Lorsque Maximilien Ier et son successeur Charles V rencontrèrent des problèmes financiers pour combattre, de nombreux lansquenets se laissèrent enrôler par des puissances étrangères. Ainsi, leur existence perdit de plus en plus de sens, car leurs tactiques de combat furent reprisent et adaptées par diverses armées. Jusqu’à la seconde moitié du XVIe siècle, elles furent reproduites en tant que standards militaires dans une grande partie de l’Europe. Entre les formations, l’armement et l’organisation des armées européennes il n’y avait bientôt plus de différences particulières, ce qui contribua à faire disparaître la domination des lansquenets. Ce constat n’apparu pas seulement du fait de leur tenue vestimentaire démodée, mais aussi du fait que les lansquenets étaient désormais désignés comme des « valet de pied » de l’Empereur. Cependant, l’époque des lansquenets se poursuivit avec l’enrôlement et l’organisation des armées de mercenaires dans les territoires allemands jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Ainsi, les troupes de mercenaires jouèrent encore un rôle prépondérant durant la guerre de Trente ans, sauf qu’elles étaient constituées de combattants originaires de différentes parties d’Europe, de sorte que les lansquenets (dans le sens de mercenaires de langue allemande) ne dominaient plus. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la totalité des troupes de mercenaires furent absorbées par leur incorporation dans des armées permanentes.

III. Recrutement

La plupart des lansquenets venaient de Bade, d’Alsace, du Tyrol et du Wurtemberg, mais aussi de la Rhénanie et de l’Allemagne du Nord. Leur recrutement et inspection étaient exécutés d’après le modèle suisse. Un chef de guerre était chargé, par lettre de nomination, du recrutement d’un régiment de lansquenet pour le compte de l’empereur, d’un prince ou d’une ville. Après que le chef de guerre se soit procuré les moyens financiers nécessaires, il intégrait l’état-major en tant que colonel du régiment. L’état-major envoyait ensuite des tambours sur les places de marchés afin d’y enrôler des recrues potentielles.

Lorsque les recrues s’étaient engagées, elles devaient être inspectées dans un lieu de rassemblement fixé par la lettre de nomination. Arrivé sur le lieu, les recrues étaient réparties en deux groupes qui se trouvaient l’une en face de l’autre. Une fois les deux groupes formés, chaque recrue était examinée par un officier sur sa constitution physique et son armement. Puisqu’un lansquenet devait lui-même fournir son équipement, des marchands vendaient l’équipement et des armes sur les lieux de rassemblement. Les officiers compétents astreints à l’inspection essayaient souvent de tromper le colonel. Ainsi, ils comptaient certaines recrues à double ou inscrivaient les hommes inexpérimentés et mal équipés comme des vétérans armés jusqu’aux dents pour recevoir une plus grande somme de la part du colonel pour payer les soldes au régiment. Ils gardaient la différence de la somme réelle pour eux-mêmes.

Après l’inspection, la première paie mensuelle était versée aux lansquenets et le régiment était divisé en dix escadrons de 400 hommes chacun. Chaque escadron contenait dans le cas idéal 100 lansquenets expérimentés au combat qui recevaient une double paie et étaient considérés ainsi comme des double-soldes. Tout le régiment devait se recueillir dans un cercle autour du colonel qui lisait le règlement contenu dans la lettre de nomination. Ce règlement indiquait les droits et avant tout les devoirs des lansquenets. Tous les six mois de nouvelles règles étaient annoncées. Après la lecture, tous les lansquenets devaient jurer serment à l’empereur ou au colonel et jurer de se comporter selon le règlement. En outre, les lansquenets qui étaient désignés porte-drapeau devaient jurer de ne perdre le drapeau qui leur était confié en aucun cas dans le combat. La mise en place du régiment était déterminée selon la composition des escouades formant chaque escadron et qui pouvaient contenir dix lansquenets ou six double-soldes. Chaque escouade élisait son propre chef.

IV. Organisation

Un régiment de lansquenets devait représenter une force de 4000 hommes, mais ce nombre était rarement atteint. Un colonel, qui avait le commandement de plusieurs régiments, occupait le rang de général. Le commandement d’un régiment pouvait dans ce cas revenir à un capitaine, qui auparavant n’était chargé que d’un escadron. Celui-ci était à cheval durant le combat et luttait avec une épée, une hache de guerre ou une hallebarde (s’il se trouvait à pied). Un colonel disposait d’un personnel de corps, dont un barbier, un interprète, un maître de cantonnement, un écrivain, un tambour, un fifre et au moins huit gardes du corps. Les capitaines des escadrons avaient également leur propre personnel qui contenait entre autres choses un adjudant. La tâche des adjudants était d’entraîner les lansquenets ainsi que de les instruire au combat en formation. Les simples lansquenets élisaient mensuellement leur représentant pour représenter leurs intérêts face aux officiers.

Pour veiller au respect du règlement, le colonel nommait un prévôt. Un homme vêtu d’un manteau rouge sang accompagnait le prévôt et était équipé d’un « glaive de la justice » (Richtschwert) et d’une corde. Le pouvoir exécutif du prévôt n’était que peu limité. Si un lansquenet qui s’était rendu coupable d’un crime réussissait à toucher une pièce d’artillerie durant sa fuite devant le prévôt, il pouvait se considérer en sûreté pour un certain temps. Le prévôt ne pouvait pas l’arrêter dans ces circonstances pendant les 72 heures suivantes, mais le lansquenet ne pouvait plus s’éloigner de la pièce d’artillerie de plus de 24 pas. Si le prévôt violait cette loi, le commandant d’artillerie pouvait faire retirer en guise de protestation toutes les pièces d’artillerie. Parmi les punitions qui pouvaient être infligées aux lansquenets, il y avait le « Droit des longues piques », une forme ancienne de la « course de la verge » (Spiessrutenlaufs).

Le Hurenwebel (fourrier) responsable du « train/convoi de l’armée » (Tross des Heeres), qui se composait de cantiniers, de prostituées et de membres des familles des lansquenets, faisait partie du personnel du colonel. L’Hurenwebel était aidé par un Rumormeister (maître de rumeur). La tâche particulière du Rumormeister était de disperser les femmes du convoi qui se disputaient en utilisant souvent une matraque. Pour beaucoup de lansquenets, la nomination à l’Hurenwebel représentait l’unique possibilité d’avancement militaire.

Le salaire mensuel dans l’armée des lansquenets se basait au début du XVIe siècle sur un facteur 4, puisque de simples lansquenets étaient payés 4 florins. En conséquence, un double solde recevait 8 florins, l’Hurenwebel 12 et les capitaines 40 florins. La paie pour un colonel était de 400 florins par mois. Cependant, les salaires, souvent insuffisants, n’étaient pas versés régulièrement provoquant ainsi des mutineries et des pillages. Puisque les capacités financières des Etats étrangers étaient souvent plus grandes que celle des Habsbourg, beaucoup de lansquenets pouvaient être débauchés, méprisant ainsi le serment qu’ils avaient rendu.

L’artillerie d’une armée de lansquenet occupait une position spéciale. Elle était dirigée par le maître supérieur du matériel qui avait un droit sur toutes les pièces d’artillerie intactes ainsi que celles prises aux adversaires vaincus obtenues lors du pillage d’une ville conquise ou d’un campement. Cependant, un tiers de ce butin devait être remis au colonel. Le maître des ustensiles était responsable du transport des pièces d’artillerie et le gardien de l’équipement veillait sur les munitions et l’équipage de l’artillerie. Les artilleurs disposaient d’un propre train et ne pouvaient pas être poursuivis en justice par le prévôt. Leur salaire était plus élevé que ceux des autres lansquenets puisqu’ils ne pouvaient pas participer aux pillages. Ainsi, un soldat devant recharger les pièces d’artillerie, touchait 6 florins mensuellement c’est-à-dire une paie 50% plus élevée que celui-ci d’un simple lansquenet. Par ailleurs, lors de la distribution des repas, les artilleurs étaient toujours servis en priorité. Le « maître du butin » (Beutmeister) s’occupait de la distribution plus ou moins juste des butins.

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V. Armement

L’arme principale des lansquenets était la pique, qui pouvait mesurer jusqu’à 6 mètres de long avec une pointe d’à peine 30 cm de long. Certains lansquenets attachaient une queue de renard à leur pique qu’ils considéraient comme un porte-bonheur. Les sous-officiers et les double-soldes portaient une hallebarde. Les adjudants assuraient l’unité de la formation. Une des épées utilisées par les lansquenets était la Katzbalger qui était utilisée comme arme de taille. Les épées à deux mains, qui pouvaient mesurer plus de 1,60 mètres, servaient comme des piques à lame brisante et se trouvaient en premières lignes. Les double-soldes équipés de l’épée à deux mains devaient présenter une lettre d’un maître d’armes, dans laquelle se trouvait écrit qu’ils maîtrisaient une telle arme. Plus tard, ses épées serviront plutôt à des buts représentatifs, puisqu’elles étaient très peu maniables. Contrairement aux Suisses, les lansquenets utilisairent très tôt des armes à feu portatives. Une partie des double-soldes étaient armés d’arquebuses, sorte de fusils à mèche. Certains lansquenets utiliseront par la suite, au cours du XVIe siècle, des pistolets. Chaque escadron contenait idéalement 300 « piquiers » et 100 double-soldes, plus 50 arquebusiers et 50 hallebardiers. Cependant, avec le temps, les arquebusiers prendront plus d’importance. Maximilien Ier avait créé une nomenclature propre aux pièces d’artillerie des armées lansquenets. Les plus gros canons qui étaient utilisés lors de sièges, avaient pour noms (die Hauptbüschen, die Basilisken, die Kartaunen, die Scharfmetzen et die Singerinnen). Les canons utilisés sur le champ de bataille avaient pour noms (die Falkaune, das Falkonett, die Sau « la truie », die Schlange « le serpent »). 
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Seulement une partie des lansquenets étaient protégés par une armure. Certains « piquiers » et hallebardiers portaient une simple cuirasse qui pouvait les protéger jusqu’aux cuisses. Ils devaient cependant parfois renoncer à la plaque dorsale pour des raisons financières. Le prix d’une armure de piquier coûtait en général 12 florins ce qui correspondait à 3 mois de solde. Très souvent un col d’évêque, un gorgerin de mailles, recouvrait le cou et les épaules. Certains lansquenets portaient une calotte ou cervelière, un casque en acier recouvrant uniquement le haut de la tête ou jusqu’à ce que le Morion s’impose. Les capitaines se protégeaient le plus souvent par une armure presque complète, puisqu’ils devaient lutter dans les rangées les plus en avant de la formation et pouvaient se permettre, contrairement aux simples lansquenets, une telle protection de corps. Les colonels portaient une grande attention à l’apparence de leur armure. Certains acquéraient une armure pour leur cheval afin d’avoir une protection intégrale. 
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VI. Tactique

La formation du régiment des lansquenets s’inspirait fortement de la formation carrée des Suisses qui pouvait contenir plus de 500 hommes. Le centre du carré était composé de hallebardiers et de piquiers les doubles soldes expérimentés étaient postés dans les premiers et les derniers rangs. Les chefs de file devaient inciter ceux qui se trouvaient dans les derniers rangs à tuer sans égards les camarades s’enfuyant. Le bloc central de hallebardiers et de piquiers était entièrement entouré d’arquebusiers. Ceux-ci devaient tirer sur les formations adverses pour créer des trous dans lesquels les double-soldes pénétraient armés d’hallebardes et de Katzbalger. Lorsque les arquebusiers devaient recharger, ils étaient protégés par les piquiers. Des tambours jouaient pour garantir une progression régulière. Devant le régiment de lansquenets, un détachement important marchait à l’avant garde qui était considéré comme perdu. Celui-ci se composait de volontaires, de détenus et de lansquenets tirés au sort. Le signe distinctif des détachements perdus était le drapeau de couleur rouge sang. Si les troupes adverses menaçaient le bloc de la formation carrée, les lansquenets formaient le cercle du « hérisson » également appelé la « petite roue ». Ainsi, les Arquebusiers se retiraient derrière les piquiers qui faisaient face à l’attaque en brandissant leur arme.
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Durant les guerres d’Italie, les Arquebusiers ont pris de l’importance dans la tactique de combat. Les chefs des lansquenets s’inspiraient du modèle du commandant en chef espagnol Gonzalo Fernándo de Córdoba pour ordonner leurs régiments. En 1495, celui-ci avait reçu 2000 lansquenets de Maximilien Ier pour réformer l’infanterie espagnole. De fait, l’infanterie espagnole obtint pendant quelques années une réputation dominante. Le développement de la fameuse formation des Tercios était issu des réformes de Córdoba. Il avait diminué la formation carrée afin qu’elle puisse être plus manœuvrable. Afin de mieux protéger les flancs et pour augmenter la puissance de feu, il postait des arquebusiers sur les angles de la formation carrée. Les Tercios se répartissaient en échiquier sur le champ de bataille pour pouvoir se protéger mutuellement. Jusqu’à la guerre de 30 ans, les fantassins des plus grandes armées européennes luttaient alors selon la formation des Tercios qui était aussi connue comme le « carré espagnol ».

VII. Mode de Lansquenet

Les lansquenets étaient connus non seulement pour leur combativité, mais aussi pour leur apparence extravagante. Leurs vêtements très multicolores se composaient de chemises et pantalons bouffants et coupés avec lesquels ils portaient un béret ou un bonnet fédéral et des chaussures, qui en raison de leur forme étaient surnommée « gueule de vache » ou « pattes d’ours ». L’origine de cette mode est due vraisemblablement au fait que les habits étroits de la fin du 15e siècle étaient très gênants dans les combats. C’est pourquoi, les lansquenets les coupaient et les attachaient autour des manches et laissaient suspendre les gros sous-tissus. Les habits bouffants et coupés des lansquenets leur donnaient un effet étonnant, que l’on considérait dans les cercles nobles comme de la prétention. En 1503, sur l’initiative de Maximilien Ier, le parlement d’Augsbourg leur accorda le droit de s’habiller de cette façon. Le pont de pantalon (partie qui cache le sexe) étaient de grande taille et laissait suggérer un sexe particulièrement grand ce qui était perçu avec horreur par certains ecclésiastiques. Les habits des lansquenets influençaient fort la mode civile de l’Europe de cette époque-là et étaient même reproduits en acier (certaines armures ont la forme d’habit lansquenets). Ils apparaissaient également dans leurs habits bouffants et découpés lors de défilés armés. La coquille de l’armure de l’époque, qui a pour but de protéger les parties génitales, était une copie en acier du pont de pantalon des lansquenets.
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VIII. Conditions de vie

La plupart des lansquenets étaient des journaliers, de simples artisans et compagnons, de petits-criminels et des fils de paysan qui espéraient une alternative financière grâce à la paie relativement haute et aux éventuels pillages. Cependant, de simples lansquenets vivaient en général à la limite de la pauvreté, puisque leur équipement et la nourriture leur étaient vendu à des prix excessifs. En outre, ils étaient considérés avec méfiance dans le meilleur des cas par la population civile. Les lansquenets étaient considérés en général comme le symbole de la immoralité et du blasphème. Dans les tableaux de crucifixion allemands du XVIe siècle, il était usuel de représenter les soldats romains comme des lansquenets. Sebastian Franck les décrit ainsi dans sa « Chronique de tous les pays allemands » (Chronica gantzen Teutschen lands) : « C’est sans exception à travers tout lieu et tout temps un peuple méchant. A la guerre, sur mille par un ne se contente de sa solde, commettre des péchés, jouer, assassiner, brûler, dérober, rendre des femmes veuves, est leur travail de tous les jours et leur meilleur amusement. ». Ils n’étaient pas toujours bien vus par le peuple. Aussi en dehors de la guerre, ils se comportaient d’après leur propre représentation de la morale et prenaient quelques libertés.

En plus de leur position sociale, les lansquenets se caractérisaient également par leur très petite espérance de vie. Une légère blessure au combat pouvait entraîner une infection de la plaie qui menait vers la mort de la victime. Un approvisionnement médical notable ou même des hôpitaux militaires n’existaient pas. En plus des épidémies apparaissaient qui emportaient de nombreuses personnes durant les sièges les plus longs. Des maladies vénériennes étaient également extrêmement répandues. Une expression de l’époque évoquait avec raison qu’on ne voit seulement que rarement de vieux lansquenets. Après la fin d’une expédition ou d’une guerre, les lansquenets étaient dispensés de leurs devoirs militaires. Alors, ils se voyaient contraints de mendier ou de piller les lieux qu’ils traversaient. Les invalides de guerre n’avaient d’autres choix que de mendier. Le problème des bandes de mercenaires errants, que devaient constamment subir la population paysanne, n’a pas pu être résolu avant la fin du XVIIe siècle.

IX. Célèbres chefs lansquenets

Konrad de Boyneburg, Georges de Frundsberg

X. Divers

Il existe un jeu de hasard mal famé aux cartes portant le nom de Landsknecht ou de lansquenet en français et datant de l’époque des lansquenets.

BIBLIOGRAPHIE

THOMES Bruno, GAMBER Ortwin, SCHEDELMANN Hans, Arms and Armour of the Western World, Mc Graw-Hill Book Company, 1964.

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